TOP 5 des maladresses

Nous disons ces phrases sans mauvaise intention, souvent par réflexe, pour apaiser ou aller plus vite.
Mais pour un enfant, dont le cerveau émotionnel est encore en construction, les mots ont un impact direct sur l’estime de soi et la sécurité affective.
Voici comment comprendre leurs effets, et surtout, comment les reformuler pour qu’elles deviennent des outils de lien plutôt que des blessures.

 

 

« Ce n’est rien. »
Minimise !

L’enfant se sent incompris, nié dans son ressenti. Il apprend à minimiser ses émotions ou à ne plus les exprimer, par peur de déranger.

Ce qu’il comprend : « Ce que je ressens n’a pas d’importance. »

Comment la transformer : « Tu t’es fait mal ? Viens dans mes bras, je suis là, ça va aller. »

= On reconnaît le ressenti, ce qui aide le corps et le cœur à se calmer.

 

 

« Arrête de pleurer. »
Bloque l’émotion !

Il bloque son expression émotionnelle, se sent incompris ou rejeté dans ce qu’il vit. L’émotion reste alors coincée, et peut ressurgir plus tard sous forme d’agitation ou de colère.

Ce qu’il comprend : « Pleurer, c’est mal. »

Comment la transformer : « Je vois que tu es triste, fâché, déçu. Je suis là. »

= On autorise l’émotion donc on la sécurise.

 

 

« Tu es grand·e maintenant. »
Nie la vulnérabilité !

 Cette phrase crée une confusion entre grandir et ne plus avoir le droit d’être vulnérable. L’enfant se met la pression pour faire « comme un grand », au détriment de sa spontanéité.

Ce qu’il comprend : « Je n’ai plus le droit d’avoir peur ou de demander de l’aide. »

Comment la transformer : « Je sais que tu peux le faire. »

= On valorise la progression.

 

 

« Regarde ton frère · ta sœur. »
Crée la rivalité !

 La comparaison crée de la rivalité et abîme la confiance fraternelle. L’enfant se sent mesuré à l’autre au lieu d’être reconnu pour ce qu’il est.

Ce qu’il comprend : « Je ne suis pas assez bien comme je suis. »

 Comment la transformer : « Toi aussi tu peux y arriver »

= On nourrit la confiance.

 

 

« Tu exagères. »
Invalide le ressenti !

Il doute de la validité de ses ressentis. L’émotion devient source de honte ou d’incompréhension, au lieu d’être reconnue et apaisée.

Ce qu’il comprend : « Je ne suis pas normal »

Comment la transformer : « Pour toi c’est énorme, d’accord. Voyons maintenant ensemble si c’est vraiment aussi important. »

= On légitime l’émotion, sans l’amplifier.

 

Les mots du quotidien façonnent le monde intérieur de l’enfant.
Chaque reformulation est une occasion d’apprendre à communiquer autrement, pour qu’il se sente compris, respecté et digne d’amour, même dans ses émotions les plus intenses.

 

Le conseil Dr Doudou :

Les émotions ne s’éteignent pas, elles s’apprivoisent avec des mots justes, de la présence et de la douceur.

Ensemble, cultivons une parentalité douce et éclairée !